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Entre deux rives

Burns Fred ft. Flora

2026-06-06
Écouter maintenant Burns Fred ft. Flora — Entre deux rives
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Paroles

Lyrics

Entre deux rives
Vingt-quatre mai cinquante-et-un,
Alger m’a donné le matin.
Ma mère dansait, légère et fière,
Ballet d’opéra… lumière.
Moitié française, moitié polonaise,
Dans ses pas, j’apprenais la braise.
Et mon père, sang mêlé de soleil,
Italien, espagnol, debout, pareil.
Il avait fui la pauvreté d’avant,
Pour chercher une vie, simplement.



Je suis Flora, entre deux rives,
Je marche droite quand tout dérive.
Je porte un pays dans ma voix,
Et je le chante… même si je ne sais pas pourquoi.
Étrangère ici, étrangère là-bas,
Mais j’ai mon souffle… et j’ai ça :
Des mots, des rôles, des nuits qui le disent,
Et le courage… comme devise.



Puis la guerre a serré la ville,
On a quitté l’air immobile.
La France nous a pris par la main,
Nice jusqu’à mes quinze ans, loin.
Et de six ans à l’âge où l’on grandit,
J’ai vécu près des micros, près des lumières aussi :
Radio, télévision, Monte-Carlo,
Une enfant au travail, le cœur trop gros.
Puis un bateau vers un autre décor :
Le Québec… sans comprendre encore.



Je suis Flora, entre deux rives… (reprendre)



Je n’suis jamais retournée là-bas,
L’Algérie… je la garde en moi.
J’ai couru les auditions, les “non”, les couloirs,
Mon accent me renvoyait dans le noir.
Alors j’ai choisi l’ombre des studios,
Là où la voix devient héro.

Et soudain, dans mes cordes, un monde a pris vie :
Un petit robot qui rêve, une étoile dans la nuit,
Un magicien et son cœur mécanique qui répond “tic-tac”,
Un viking au sourire brave qui revient dans mes pas.
Des ours aux cœurs tendres, des histoires pour calmer les tempêtes,
Et même un petit prince aux yeux clairs, comme une promesse.

Dans un château ou près d’un chien fidèle,
Je prêtais mon souffle aux jours nouveaux.
Et quand les enfants riaient sans savoir mon nom,
Moi, j’avais trouvé ma maison.



Quand on ne te donne pas de place,
Tu t’en fabriques une, à ta façon.
Avec l’humour…
Avec l’ironie…
Pour crier dedans… sans perdre le nom.



Puis les mots ont frappé la porte,
Comme une faim qui jamais ne s’endort.
En quatre-vingt-huit, j’écris des nouvelles,
Pour être vraie… pour être réelle.
Et plus tard, j’ai rassemblé ma chute,
Pour en faire un livre… et tenir la route :
Soigne ta chute — et ma voix change de peau,
J’invente une langue, je taille dans les mots.

On dit que j’écris en riant de l’intérieur,
Que l’ironie protège ce qui tremble au cœur.
Je me sens étrangère, oui, souvent, je l’avoue…
Mais c’est là que je crée — et que je tiens debout.



Je suis Flora, entre deux rives,
Je marche droite quand tout dérive.
Je porte un pays dans ma voix,
Et je le chante… même si je ne sais pas pourquoi.
Étrangère ici, étrangère là-bas,
Mais j’ai mon souffle… et j’ai ça :
Des mots, des rôles, des nuits qui le disent,
Et le courage… comme devise.



Et le plus beau, tu sais, c’est doux :
Deux filles… puis des petits-enfants autour.
Et plus loin encore, quand le temps recommence,
Des arrière-petits-enfants — comme une deuxième enfance.
Quand le monde vacille et s’efface,
C’est leur rire qui me remplace.
Je suis passée par tant d’endroits,
Mais au fond je reviens à cette loi :
On n’appartient pas qu’à une terre,
On appartient… à ce qu’on espère.



Entre deux rives…
Une voix qui reste.

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